Quel pourrait être l'avenir énergétique de la planète ?
Chacune des options scientifiquement et techniquement envisageables possède des avantages et des inconvénients plus ou moins importants. Finalement, deux options principales semblent se dégager, entre lesquelles il faudra choisir (à moins d'opter pour les deux). Science et technologie peuvent elles tout résoudre ? Quelle part pour les sciences économiques et politiques ?
Revoyons les grandes options :
Pour les combustibles fossiles, la question de savoir s'il faut en ramener notre consommation à presque rien, ou seulement à un quart de la consommation actuelle d'un Européen, est tout à fait prématurée. Les constats répétés et confirmés des climatologues obligent, d'urgence et impérativement, à une réduction majeure des émissions de CO2. Il faut donc entamer d'urgence une décroissance majeure de la consommation des combustibles fossiles.
La séquestration du carbone ne sera pas évoquée ici car il ne s'agirait de toute façon que d'une réponse temporaire.
Pour les énergies renouvelables, il y a pratiquement unanimité sur leur intérêt. Cependant, même avec une démarche très volontariste, leur potentiel sera limité, par comparaison avec la débauche d'énergie qui nous semble pourtant aujourd'hui indispensable. Bien sûr, l'utilisation de ces énergie aura aussi des inconvénients, dont, par exemple, la compétition pour l'usage du territoire.
Pour l'énergie nucléaire, son usage massif peut poser des problèmes techniques et politiques. Les seconds sont probablement encore bien plus complexes que les premiers. Les questions de géopolitique, de sécurité internationale, de prolifération, de guerres et de terrorisme sortent de notre cadre de travail. Elles devront cependant être étudiées et débattues.
Si on peut chercher à produire plus d'énergie, on peut également chercher à en consommer moins.
L'efficacité énergétique est un moyen pour consommer moins d'énergie qui emporte l'adhésion générale. Cependant, cette notion est assez floue et il n'y a pas (encore ?) de définition acceptée par tous. Pour nous, une amélioration de l'efficacité correspond à "une diminution de la quantité d'énergie consommée pour l'obtention d'un résultat donné, sans modification de comportement humain". Il s'agit donc d'une efficacité purement technologique. Lorsqu'il y a diminution de la consommation d'énergie par modification du comportement humain, nous parlerons de sobriété.
Dans ce sens, le potentiel de gain par amélioration de l'efficacité est probablement limité et les gains seront nécessairement de plus en plus faibles. Le potentiel d'amélioration à long terme reste à étudier mais, pour une série de technologies déjà matures, il est probablement très peu important.
La sobriété énergétique signifie pour nous une diminution de la consommation d'énergie due à un changement de comportement, individuel ou collectif. Ce que ces modifications implique reste largement à étudier et relève de domaines tels que la sociologie, la politique, l'économie, etc.
En économie, la sobriété fait partie de l'efficacité. Pour faire la distinction, les économistes utilisent l'expression "efficacité comportementale", par opposition à "efficacité technologique" qui recouvre ce que nous appelons efficacité tout court.
Par nature, le seul besoin énergétique incontournable de l'être humain est son alimentation (les fameuses calories des diététiciens). Du seul point de vue de la thermodynamique, tous les autres besoins énergétiques sont susceptibles d'être réduits autant que nécessaire. Jusqu'à quel point ? Cela dépend de besoins fondamentaux de l'homme-animal, autres que la simple survie biologique.
En conclusion, nous considérerons la promotion des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique comme une affaire entendue. Or ceci ne suffira certainement pas. Il faudra donc nécessairement se pencher sur les deux voies qui ne font pas l'unanimité, à savoir : l'énergie nucléaire et la sobriété énergétique.
De plus, il est établi, pour les ingénieurs et les physiciens, que la croissance indéfinie de la consommation énergétique est intenable, tant dans son principe que par les résultats de nos simulations. Or, la réalité du fonctionnement des sociétés humaines nous fait postuler qu' "il n'y a pas de croissance économique sans croissance matérielle et pas de croissance matérielle sans croissance de la consommation d'énergie".
Le débat est déjà engagé. Il doit se poursuivre publiquement et sans esquiver aucun aspect. C'est pourquoi nous proposons deux démarches distinctes :
Bien sûr, ces analyses devront tenir compte des lois de la physique. Et il faudra également veiller à traduire ces propositions en chiffres, car ce qui est facile à réaliser en petites quantités peut être tout à fait impossible à obtenir en quantités extrêmement importantes.
ORMEE
2007